Poème
Le Berger
par Esther GRANEK
Qui me dit que tu n’es loup qui se fait berger et se veut d’icelui l’allure et le portrait ? Qui me dira le temps que tu passes à l’étang, te mirant, composant trait pour trait ton reflet ? Qui me dit que ta voix parlant si bien au coeur n’est point fruit de labeur et oeuvre de ton choix ? Qui me dit que ton ciel n’est point là pour dicter le seul ton sur lequel ton troupeau doit bêler ? Qui me dit que ton verbe, envoûtement de mots, n’offrira point sur l’herbe tes moutons aux corbeaux ?… Qui me dit que tu n’es loup qui se fait berger et se veut d’icelui l’allure et le portrait ? 1997
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Le loup répond à la bergère ------------------------------- Si tu me crois un loup, Vois, je suis en peluche ; Au lit, installons-nous ; Mets dans l'âtre une bûche. Si tu viens à l'étang, Nageons comme des truites ; La pudeur, entre-temps, Soit quelque peu détruite. Si tu aimes ma voix, C'est qu'elle est grave et tendre ; Surtout quand je te vois Auprès de moi t'étendre. Si nous allons au ciel, Que ce soit le septième ; Allons à l'essentiel, Comme des gens qui s'aiment. Si tu aimes mon verbe, C'est qu'il est caressant ; Comme le vent sur l'herbe, Jamais il n'est blessant. Si tu me crois un loup, Vois, je suis en peluche ; Au lit, installons-nous ; Mets dans l'âtre une bûche.
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