Poème
La source
L'autel gît sous la ronce et l'herbe enseveli ; Et la source sans nom qui goutte à goutte tombe D'un son plaintif emplit la solitaire combe. C'est la Nymphe qui pleure un éternel oubli. L'inutile miroir que ne ride aucun pli A peine est effleuré par un vol de colombe Et la lune, parfois, qui du ciel noir surplombe, Seule, y reflète encore un visage pâli. De loin en loin, un pâtre errant s'y désaltère. Il boit, et sur la dalle antique du chemin Verse un peu d'eau resté dans le creux de sa main. Il a fait, malgré lui, le geste héréditaire, Et ses yeux n'ont pas vu sur le cippe romain Le vase libatoire auprès de la patère.
Commentaires (2)
Dans l’herbe -------- L’herbage au printemps s’embellit, La bienfaisante averse tombe ; Le pré, que le soleil surplombe, D’un innocent bonheur s’emplit. Un rite annuel s’accomplit Qui aux nymphes du sol incombe ; Elles sortent des catacombes En murmurant des mots jolis. À sa gourde se désaltère Un rêveur au bord du chemin ; Il n’a cure des lendemains. C’est un vagabond libertaire, C’est le plus humble des humains, Inoffensif pour cette Terre.
Inoffensif, ou presque.
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