Poème
La passe
par Victor SEGALEN
Deux mondes s’abouchent ici. Pour ici monter, quels obstacles ! quelle refoulée des caravanes ! quels gains répétés ! quels espoirs ! M'y voilà, dis-tu ? Souffle. Regarde : à travers l'arche de la Longue-Muraille, toute la Mongolie-aux-herbes déploie son van au bord de l'horizon. C'est toutes les promesses : la randonnée, la course en plaine, l'ambleur à l'étape infinie, et l'évasement sans bornes, et l'envolée, la dispersion. o Tout cela ? Oui. Mais regarde une fois en arrière : l'âpre montée, le rocailleux désir, l'effort allègre et allégeant. Tu ne le sentiras plus, la Passe franchie. Ceci est vrai.
Commentaires (2)
Segalen fait du vélo ---------- Segalen tente une ascension Sur une antique bicyclette ; Ce n’est pas le plus fort athlète, Mais un grimpeur sans prétention. Quelle est ici son intention ? Veut-il enrichir sa palette ? Amuser une amie follette ? Atteindre une autre dimension ? Il s’est approché de la passe Sans que je ne le rattrapasse ; Il descendra l’autre versant. Parmi quelques chameaux qui broutent, Il suivra cette immense route, Disant des poèmes persans.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2020/10/22/segalen-fait-du-velo/
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