Poème
La nef qui longuement a voyagé, Dillier
La nef qui longuement a voyagé, Dillier, Dedans le sein du port à la fin on la serre : Et le boeuf, qui longtemps a renversé la terre, Le bouvier à la fin lui ôte le collier : Le vieux cheval se voit à la fin délier, Pour ne perdre l'haleine ou quelque honte acquerre : Et pour se reposer du travail de la guerre, Se retire à la fin le vieillard chevalier : Mais moi, qui jusqu'ici n'ai prouvé que la peine, La peine et le malheur d'une espérance vaine, La douleur, le souci, les regrets, les ennuis, Je vieillis peu à peu sur l'onde ausonienne, Et si n'espère point, quelque bien qui m'advienne, De sortir jamais hors des travaux où je suis.
Commentaires (1)
Nef des moines cénobites ---------------------- Cette nef est chargée de moines cordeliers Qui franchissent la mer, tels de nobles corsaires ; Je les vois naviguer vers de nouvelles terres Où d’étranges oiseaux survolent les halliers. Veuille les accueillir, rivage hospitalier, Ce sont des visiteurs, et non des adversaires ; Car les moines jamais ne sont fauteurs de guerre, Même s’ils sont vaillants comme des chevaliers. Ne crois pas qu’ils sont là pour une vie sans peine Ou que l’abbé convoite une richesse vaine ; Ils seront vertueux, le jour comme la nuit. Abreuve de bon vin la troupe franciscaine Qui plus ne reverra la terre armoricaine ; Propose-leur aussi l’eau de ton meilleur puits.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.