Poème
La Mort, l'apparition et les obsèques du capitaine Morpion
I Cent mille poux de forte taille Sur la motte ont livré bataille À nombre égal de morpions Portant écus et morions. Transpercé, malgré sa cuirasse Faite d’une écaille de crasse, Le capitaine Morpion Est tombé mort au bord du con. En vain la foule désolée, Pour lui dresser un mausolée, Pendant huit jours chercha son corps… L’abîme ne rend pas les morts ! II Un soir, au bord de la ravine, Ruisselant de foutre et d’urine, On vit un fantôme tout nu À cheval sur un poil de cu. C’était l’ombre du capitaine, Dont la carcasse de vers pleine, Par défaut d’inhumation, Sentait la marolle et l’arpion. Devant cette ombre qui murmure, Triste, faute de sépulture, Tous les morpions font serment De lui dresser un monument. III On l’a recouvert d’une toile Où de l’honneur brille l’étoile, Comme au convoi d’un général Ou d’un garde national. Son cheval à pied l’accompagne Quatre morpions grands d’Espagne, La larme à l’œil, l’écharpe au bras, Tiennent les quatre coins du drap. On lui bâtit un cénotaphe Où l’on grava cette épitaphe « Ci-gît un morpion de cœur, Mort vaillamment au champ d’honneur. »
Commentaires (1)
J'ai découvert ce poème il y a 35 ans...........Il ne m'a jamais quitté! J'adore ses poèmes libertins, humour et dérision sont bien présents, je savoure..... Merci!
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