Poème
À la Présidente
Devant toi l’Éléphant dressant en l’air sa trompe De son phallus géant décalotte la peau ; Le régiment qui passe agite son drapeau Et le foutre jaillit comme par une pompe. Tu n’as qu’à faire voir pour qu’un saint se corrompe Ta gorge étincelante où tremble un oripeau ; Des cardinaux romains sous son rouge chapeau Le vit pontifical se raidit tant qu’il rompe. Les nymphes de Rubens remuant le jambon Livrent des reins moins blancs au flot qui les emperle Que toi lorsque ton bain sur ton beau corps déferle. Ton regard dans les cœurs tombe comme un charbon. Près de toi je vivrais au fond d’une masure : Il n’est pas de taudis que ton amour n’azure.
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Porteur de quatre cornes ------------------------- C'est le double taureau, qui jamais ne se trompe ; Il a son tribunal en un sombre tripot Dont les tapisseries ne sont que vieux drapeaux, Où la bière est servie à grand refort de pompes. Les dons d'admirateurs jamais ne le corrompent, Soit qu'ils viennent d'un barde aux tristes oripeaux Ou d'un puissant évêque à l'étrange chapeau ; Avec le juste droit, nul risque qu'il ne rompe. Ne lui offre donc pas, dans sa cage, un beau merle, Ni d'épingle à cravate adornée d'une perle, Ni le pyrénéen et savoureux jambon. À la rigueur, s'il vient honorer ta masure Vers l'heure du berger, sers-lui avec mesure, Sur une table basse, un verre de bourbon.
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