Poème
La Maison du matin
par Albert SAMAIN
La maison du matin rit au bord de la mer, La maison blanche, au toit de tuiles rose clair. Derrière un pâle écran de frêle mousseline, Le soleil luit, voilé comme une perle fine ; Et du haut des rochers redoutés du marin, Tout l’espace frissonne au vent frais du matin. Lyda, debout au seuil que la vigne décore, Un enfant sur les bras, sourit, grave, à l’aurore, Et laisse, regardant au large, le vent fou Dénouer ses cheveux mal fixés sur son cou. Par l’escalier du ciel l’enfantine journée Descend, légère et blanche, et de fleurs couronnée, Et, pour mieux l’accueillir, la mer au sein changeant Scintille à l’horizon, toute blanche d’argent… Mais déjà les enfants s’échappent ; vers la plage Ils courent, mi-vêtus, chercher le coquillage. En vain Lyda les gronde : enivrés du ciel clair Leur rire de cristal s’éparpille dans l’air… La maison du matin rit au bord de la mer.
Commentaires (3)
Chevaliers aquatiques --------------------------- Deux chevaliers d'argent près du fond de la mer, Baignant leur bonne humeur loin du vaste ciel clair ; En ce jardin marin que le corail décore, Ils récitent des vers en attendant l'aurore. Peut-être, un peu plus tard, en oiseaux se changeant, Ils porteront aux cieux leur armure d'argent ; Ou même, ils marcheront, tout au long de la plage, Pour voir qui trouvera le plus beau coquillage. Deux chevaliers d'argent qui ne savent s'ils sont Volatiles du ciel, promeneurs ou poissons.
ce poème me rappelle mon enfance.
Dans mon édition numéro 46 au mercure de France, ce n'est pas "scintille à l'horizon toute blanche d'argent" mais toute vive d'argent.
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