Poème
La flûte
Voici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons. Rien ne vaut pour charmer une amoureuse fièvre, Ô chevrier, le son d'un pipeau sur la lèvre Qu'accompagne un bruit frais de source entre les joncs. A l'ombre du platane où nous nous allongeons L'herbe est plus molle. Laisse, ami, l'errante chèvre, Sourde aux chevrotements du chevreau qu'elle sèvre, Escalader la roche et brouter les bourgeons. Ma flûte, faite avec sept tiges de ciguë Inégales que joint un peu de cire, aiguë Ou grave, pleure, chante ou gémit à mon gré. Viens. Nous t'enseignerons l'art divin du Silène, Et tes soupirs d'amour, de ce tuyau sacré, S'envoleront parmi l'harmonieuse haleine.
Commentaires (2)
On croirait l'entendre.
Sur le soir, j’entends un concert de hannetons. Se parlant l’un à l’autre, ils chantent avec fièvre La légende longtemps transmise par leurs lèvres, Qui prend dans leurs propos des airs de feuilleton. Sur un petit cahier, le soir, nous la notons ; Pendant que la pelouse est tondue par les chèvres, Le plus gros hanneton, en la matière orfèvre, Nous donne des détails, et nous les écoutons. Lorsque la narration nous paraît ambiguë, Nous partons consulter, dans la chambre exiguë, Un dictionnaire écrit sur du papier nacré. Le Dit des Hannetons, quatre-vingt-un chapitres Comme le Lao-Tseu, cet autre écrit sacré, Est sur mon étagère un des plus plaisants titres.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.