Poème
La Fausse Morte
par Paul VALÉRY
Humblement, tendrement, sur le tombeau charmant Sur l’insensible monument, Que d’ombres, d’abandons, et d’amour prodiguée, Forme ta grâce fatiguée, Je meurs, je meurs sur toi, je tombe et je m’abats, Mais à peine abattu sur le sépulcre bas, Dont la close étendue aux cendres me convie, Cette morte apparente, en qui revient la vie, Frémit, rouvre les yeux, m’illumine et me mord, Et m’arrache toujours une nouvelle mort Plus précieuse que la vie.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.