Poème
La chanson du petit hypertrophique
par Jules LAFORGUE
C'est d'un' maladie d' cœur Qu'est mort', m'a dit l' docteur, Tir-lan-laire Ma pauv' mère; Et que j'irai là-bas, Fair' dodo z'avec elle. J'entends mon cœur qui bat, C'est maman qui m’appelle! On rit d' moi dans les rues, De mes min's incongrues La-i-tou! D’enfant saoul; Ah! Dieu! C'est qu'à chaqu' pas J’étouff', moi, je chancelle! J'entends mon cœur qui bat, C'est maman qui m’appelle! Aussi j' vais par les champs Sangloter aux couchants, La-ri-rette! C'est bien bête. Mais le soleil, j' sais pas, M' semble un cœur qui ruisselle! J’entends mon cœur qui bat, C’est maman qui m’appelle! Ah! si la p'tit' Gen'viève Voulait d' mon cœur qui s' crève. Pi-lou-i! Ah, oui! J' suis jaune et triste, hélas! Elle est ros', gaie et belle! J’entends mon cœur qui bat, C'est maman qui m’appelle! Non, tout l' monde est méchant, Hors le cœur des couchants, Tir-lan-laire! Et ma mère, Et j' veux aller là-bas Fair' dodo z'avec elle... Mon cœur bat, bat, bat, bat... Dis, Maman, tu m'appelles?
Commentaires (1)
Souvenir ému : appris par coeur quand j'avais 16 ans ( j'en ai 86 !)
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