Poème
La bonté, n'étant pas l'excès
par Anna de NOAILLES
La bonté, n'étant pas l'excès De l'amour, fait souffrir souvent; Tant de douceur est décevant, On doute, on soupçonne, on ne sait. — Ces mots patients, ce besoin De ne pas nuire à ce qu'on aime Interloquent les cœurs extrêmes Qui, pouvant mieux, n'ont pas de soins Envers l'auguste passion Qui hait les élans retenus. — Je songe aux jours où j'ai connu Ta cruelle abnégation...
Commentaires (1)
Humble taverne ------------ La Dame de ces lieux m’accueille avec bonté, Que j’ai dès le départ en estime tenue ; Car digne de respect je trouve sa fierté, Et pleine de douceur sa franchise ingénue. Elle m’offre un sourire, et j’en suis enchanté ; Elle m’a révélé des saveurs inconnues, Toujours joyeusement trinquant à ma santé ; De mon anniversaire elle s’est souvenue. -- Tavernière jolie, à quoi donc penses-tu ? -- Je songe au cuisinier, qui, tout de blanc vêtu, Se dépense, et jamais ses efforts ne ménage. J’écoute sa réponse, et, tranquille, je bois En espérant pour elle un bonheur sans nuages, Cet aimable cuistot est bien chanceux, ma foi.
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