Poème
Ah ! j'avais bien raison de craindre
par Anna de NOAILLES
Ah ! j'avais bien raison de craindre Le mol printemps et sa douceur ! — Le beau soir tiède a ta tiédeur. Tout est humain, tout semble peindre, Par l'azur, le rêve, l'odeur, Ta personne. Dans le silence Envahissant, mouvementé, De ce soir proche de l'été, C'est ta grâce qui se balance. Et le vent chaud sur le chemin — Ô désir ! mémoire ! espérance ! – À la vive et secrète aisance Des belles veines de tes mains...
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