Poème
La belle viole
A vous trouppe légère Qui d'aile passagère Par le monde volez... JOACHIM DU BELLAY. Accoudée au balcon d'où l'on voit le chemin Qui va des bords de Loire aux rives d'Italie, Sous un pâle rameau d'olive son front plie. La violette en fleur se fanera demain. La viole que frôle encor sa frêle main Charme sa solitude et sa mélancolie, Et son rêve s'envole à celui qui l'oublie En foulant la poussière où gît l'orgueil Romain. De celle qu'il nommait sa douceur Angevine, Sur la corde vibrante erre l'âme divine Quand l'angoisse d'amour étreint son cour troublé ; Et sa voix livre aux vents qui l'emportent loin d'elle, Et le caresseront peut-être, l'infidèle, Cette chanson qu'il fit pour un vanneur de blé.
Commentaires (1)
Jeux de mains ---------------- Ah, combien émouvant le contact d’une main, Celle qui encourage ou celle qui supplie ; À cette force douce une autre main se plie, En elle disparaît la peur du lendemain. Que l’on avance ou non par les mêmes chemins, Que règne l’allégresse ou la mélancolie, Le toucher d’une main, jamais on ne l’oublie ; C’est l’illumination de tout le corps humain. C’est le secret canal par où l’esprit devine La chaleur diabolique ou la fraîcheur divine, Et même les émois d’un vieux coeur accablé. Je me souviens, d’ailleurs... Mais comment parler d’elle? Même si quelque chose en moi reste fidèle, Ma main n’écrirait pas plus d’un mot sans trembler.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.