Poème
La belle Esclave maure
par François Tristan L'HERMITE
Beau monstre de Nature, il est vrai, ton visage Est noir au dernier point, mais beau parfaitement : Et l'Ebène poli qui te sert d'ornement Sur le plus blanc ivoire emporte l'avantage. Ô merveille divine, inconnue à notre âge ! Qu'un objet ténébreux luise si clairement ; Et qu'un charbon éteint, brûle plus vivement Que ceux qui de la flamme entretiennent l'usage ! Entre ces noires mains je mets ma liberté ; Moi qui fus invincible à toute autre Beauté, Une Maure m'embrasse, une Esclave me dompte. Mais cache-toi, Soleil, toi qui viens de ces lieux D'où cet Astre est venu, qui porte pour ta honte La nuit sur son visage, et le jour dans ses yeux.
Commentaires (1)
Bonjour, je ne parvient pas à trouver la date de parution du poème "la belle esclave maure" ni même celle du recueil "La Lyre". Pouvez-vous me venir en aide ? Cordialement, Zora Godard.
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