Poème
L’Écolière
par Hégésippe MOREAU
Approchez, aimable écolière, Vous qui fûtes maîtresse un jour ; Approchez, et, moins familière Avec Lhomond qu’avec l’amour, Instruisez-vous : chacun son tour. Mais, par un doux air de folie, Grand Dieu ! comme elle est embellie. Finissez, Rose, finissez : Est-ce l’instant d’être jolie ? Finissez, Rose, finissez, Je suis le maître, obéissez. Quoi ! vous épelez, incertaine, Même un chapitre de roman ; Attendez-vous la soixantaine Pour savoir lire couramment Les petits vers de votre amant ? Mais que demande ce sourire ? Pourquoi ce bras nu qui m’attire ? Finissez, Rose, finissez : Est-ce dans mes yeux qu’il faut lire ? Finissez, Rose, finissez, Je suis le maître, obéissez. La grammaire vous effarouche Et j’entends rire à mon côté Lorsque les S dans votre bouche Usurpent la place des T : Quel soufflet pour ma vanité ! Mais cette bouche que j’accuse Veut se défendre par la ruse. Finissez, Rose, finissez : Un baiser n’est pas une excuse, Finissez, Rose, finissez, Je suis le maître, obéissez. Hélas ! elle est encor maîtresse ; Le livre échappe de sa main : Il tombe et s’effeuille… Ah ! traîtresse, Vous le foulez avec dédain ! Vous triomphez, mais c’est en vain. Ne pas céder est mon système : Passons au chapitre deuxième. Vite, vite, recommencez, (Dût la leçon finir de même !) Vite, vite, recommencez : Je suis le maître, obéissez.
Commentaires (1)
Le plus souvent, bien sûr, ces textes sont frivoles : Menus propos badins que la rime embellit, Rêves incohérents notés au saut du lit, Souvenir de leçons entendues à l'école.
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