Poème
Jouvence
Juan Ponce de Leon, par le Diable tenté, Déjà très vieux et plein des antiques études, Voyant l'âge blanchir ses cheveux courts et rudes, Prit la mer pour chercher la Source de Santé. Sur sa belle Armada, d'un vain songe hanté, Trois ans il explora les glauques solitudes, Lorsque enfin, déchirant le brouillard des Bermudes, La Floride apparut sous un ciel enchanté. Et le Conquistador, bénissant sa folie, Vint planter son pennon d'une main affaiblie Dans la terre éclatante où s'ouvrait son tombeau. Vieillard, tu fus heureux, et ta fortune est telle Que la Mort, malgré toi, fit ton rêve plus beau ; La Gloire t'a donné la jeunesse immortelle.
Commentaires (1)
Vache avenante ----- J’offre à tous les gourmets un fromage enchanté, Et, du coup, je les vois emplis de gratitude ; Entre produits laitiers, la concurrence est rude, Car chacun se prétend meilleur pour la santé. Or, moi, depuis le jour où je fus inventé, Je me sais investi de grandes aptitudes ; Car j’apporte aux humains de la béatitude, Comme le fit le fruit dont Adam fut tenté. Le fromage est plus doux que des mots en folie, C’est un meilleur remède à la mélancolie ; Témoin Maître Renard qui le prit au Corbeau. Pourquoi mettre en sonnet de telles bagatelles ? C’est sans utilité, par conséquent, c’est beau, De la Vache qui rit, la gloire est immortelle.
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