Poème
Journaliste pieux
Sur le trottoir, un jour, vous heurtez par mégarde Un être qui sans voir allait clopin-clopant. Poli, vous demandez pardon au sacripant, Qui baisse devant vous sa paupière hagarde. Le sire, avec son air cauteleux et rampant, Voudrait vous étriper, mais quelqu’un le regarde : Il arrondit le dos et passe… Prenez garde ! Vous avez mis le pied sur un vilain serpent. Voyez-le s’éloigner, il louvoie, il sournoise ; Son astuce déjà songe à vous chercher noise ; Il vous fera savoir demain ce qu’elle vaut. Où va-t-il ? Inventer pour vous quelque supplice ? Vous tendre un traquenard ? ameuter la police ? Non, il va rédiger quelque article dévot ! (1902)
Commentaires (4)
Le pire est à craindre Quand Tartuffe a pris sa plume : L'encre est du poison.
Ah, que Dieu les garde, Ces penseurs flippants ! Ou que le grand Pan Nous les entrelarde.
Voir aussi http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/a-propos-d%e2%80%99un-saint-homme-et-d%e2%80%99un-saint-journal
Monstre pieux ------------- Par les archanges qui me gardent, J’échappe à tous les guets-apens ; Si j’ai péché, je me repens, Jamais mes travers je ne farde. Sans craindre les démons rampants, Je chante comme un joyeux barde ; Je ris au nez de la Camarde, Je pose un pied sur le Serpent. Mon âme jamais ne chinoise, Car elle est loin d’être sournoise ; Saint Pierre sait ce qu’elle vaut. « La vertu n’est pas un supplice » Dit le curé de Saint-Sulpice ; Ce proverbe n’est pas nouveau.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.