Poème
Je voudrais bien richement jaunissant
Je voudrais bien richement jaunissant En pluie d'or goutte à goutte descendre Dans le beau sein de ma belle Cassandre, Lors qu'en ses yeux le somme va glissant. Je voudrais bien en taureau blanchissant Me transformer pour finement la prendre, Quand en avril par l'herbe la plus tendre Elle va, fleur, mille fleurs ravissant. Je voudrais bien alléger ma peine, Etre un Narcisse, et elle une fontaine, Pour m'y plonger une nuit à séjour ; Et voudrais bien que cette nuit encore Durât toujours sans que jamais l'Aurore Pour m'éveiller ne rallumât le jour.
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Quelques buveurs ------------------------- Vois le pastis, vers le soir, jaunissant Qui bientôt doit en nos gosiers descendre ; Tu peux m'en croire, il n'a point goût de cendre, Quand nous trinquons, dans le jour finissant ; Tous ces buveurs au crâne blanchissant, Tu les verras d'oisiveté s'éprendre ; Soigne-les bien, serveuse au regard tendre, N'épargne point ton rire ravissant. Car ils sont là pour des instants sans peine, Tels des marcheurs auprès d'une fontaine ; Ce bar leur est un bienheureux séjour. Tu les entends parler, ce soir encore, Sans redouter l'approche de l'Aurore : Qu'est-ce, demain ? Ce n'est qu'un autre jour.
Ambitaureau ------------ L’ambitaureau, longuement mugissant, Voit le jour fuir et le soleil descendre ; La grande Nuit sur Terre va s’étendre, Tout est en paix dans le jour finissant. Le bon fermier, ses vaches bénissant, Leur dit des mots que chacune aime entendre; Des mots gentils, faciles à comprendre, Pour s’adresser à leur coeur frémissant. L’ambitaureau n’est jamais à la peine, Quand il a soif, il boit à la fontaine ; Trouvant ce monde un aimable séjour. En son sommeil il rêve qu’il dévore Le riche blé des greniers de l’Aurore : Ce qu’il fera, d’ailleurs, peut-être un jour.
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