Poème
Je ris
par Jacques PREVEL
Je ris, je suis un pitre un monstre Je suis un galérien Mais j'imagine qu'un jour à travers la Ville Paris fabuleuse, unique ville que j'aime Je marcherai après les années de prison Après le coup de grisou Après le souterrain hanté Les jours interminables Le désespoir, l'affreux tourment du doute -A minuit morphine et doute, à minuit Dans ma chambre à Sainte-Feyre au 109 Je dormais- J'allume, je rejette couvertures et douleur Et j'écris comme un fou J'écris, épuisé parce que la vie inépuisable me tourmente Que je ne puis croire rester longtemps ici Et que j'ai fait un effort de vie si grand qu'il me déchire. 27 avril 1951.
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