Poème
Chaque matin
par Jacques PREVEL
Chaque matin je reste immobile sur ma couche N'osant bouger Je me tourne sur le côté gauche et je crache à pleine bouche Je crie que l'on ferme la fenêtre Je me débats contre des millions d'êtres Qui me dévorent le coeur et les poumons Qui m'enlèvent tout espoir et tuent la vie en moi J'enfonce dans ma chair l'aiguille d'acier Je m'injecte deux centigrammes De ce liquide extrait d'un pavot légendaire Je retrouve le calme et comme un moribond Tourné vers la fenêtre et les yeux grands ouverts Je me perds dans la lumière de ce nouveau matin J'imagine que je suis encore vivant Que je me suis levé tôt Que je marche, ivre de solitude Au milieu d'un pays sauvage et vierge Où la douleur est absente.
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