Poème
Je ne croiray jamais que de Venus sortisse
Je ne croiray jamais que de Venus sortisse Un tel germe que toy. Or ta race j'ay sceu, Ô enfant sans pitié : Megere t'a conceu, Et quelque louve apres t'a baillé pour nourrisse. Petit monstre maling, c'est ta vieille malice, Qui te tient acroupi ; aucun ne t'a receu Des hommes ny des Dieux que tu n'ayes deceu ; Et encor ne se trouve aucun qui te punisse. Ô traistre, ô boutefeu, donc ta rage assouvie Ne fut ny sera oncq des maulx de nostre vie ! Je sçay bien que de toy je ne me puis deffaire. Et puis qu'ainsi il va, je vois bien desormais Que tant que je vivray, je ne seray jamais Saoul de te dire mal, ny toy saoul de m'en faire.
Commentaires (1)
Quelques nuisibles ---------------------- Tiennot, pour une fois, ta plume se hérisse ! Car tu fus offensé par quelque malotru ; Sitôt que ses défauts te furent apparus, Tu élevas le ton contre ce vil jocrisse. Ta phrase est élégante, autant qu'accusatrice ; Tu ornes ton propos d'images de ton cru Par quoi nous découvrons ce compagnon bourru Que tu dis animé de fureur destructrice. Tiennot, déplore-le si tu en as envie, Mais ce genre de monstre abonde en cette vie ; Et quand on devient vieux, on finit par s'y faire. Oublions le nuisible, et chantons désormais Ce qui, dans l'univers, ne nous déçoit jamais : La douceur du printemps, la musique des sphères.
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