Poème
Enfant aveugle, nain, qui n'as autre prouësse
Enfant aveugle, nain, qui n'as autre prouësse, Sinon en trahison quelque flesche tirer, Qui n'as autre plaisir sinon de deschirer En cent pieces les coeurs de la folle jeunesse ; Le corps sans honte nud si ton pere te laisse, Il monstre qu'on se doit loing de toy retirer, Qui n'as rien que les coeurs que tu peux attirer Par les traistres appas de ta main larronnesse. Meurtrier, larron, pipeur, dy moy, dy hardiment, Si rien aux tiens jamais tu donnas que tourment ? Ores, sans t'espargner, de toy je me veux plaindre, Quel mal me feras tu que je n'aye enduré ? Mes maulx m'ont fait meshuy contre toy asseuré ; J'ay desjà tant souffert que je n'ay rien à craindre.
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Sagesse du crocolion --------------------- Du crocolion, qui peut ignorer les prouesses ? Des pièges de ce monde, il s'est toujours tiré, Et combien de rivaux n'a-t-il pas déchirés ! Il fut une terreur, dès sa prime jeunesse. Cet animal ne peut être tenu en laisse, Si tu le vois venir, tu peux te retirer, Il n'a nulle beauté qui te puisse attirer, Puis, garde-toi, surtout, que ses dents ne te blessent. Gens qui cette présence ont longtemps enduré Lui envient, semble-t-il, son pas bien assuré, Ses deux cris effrayants, son regard qu'on peut craindre. Or, est-il si content d'avancer hardiment ? N'aurait-il pas en lui quelque secret tourment ? C'est là qu'il est malin : il ne veut pas s'en plaindre.
. « Sagesse du crocolion » est de moi, j'ai juste oublié de signer.
Sagesse du croc'au lion aide-moi -
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