Poème
Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant...
par Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ
Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant Cent amoureux sonnets donnés pour mon martyre, Si peu de mes langueurs qu'il m'est permis d'écrire Soupirant un Hécate, et mon mal gémissant. Pour ces justes raisons, j'ai observé les cent : A moins de cent taureaux on ne fait cesser l'ire De Diane en courroux, et Diane retire Cent ans hors de l'enfer les corps sans monument. Mais quoi ? puis-je connaître au creux de mes hosties, A leurs boyaux fumants, à leurs rouges parties Ou l'ire, ou la pitié de ma divinité ? Ma vie est à sa vie, et mon âme à la sienne, Mon coeur souffre en son coeur. La Tauroscytienne Eût son désir de sang de mon sang contenté.
Commentaires (1)
Sang magique ---------- Je suis le dragon frémissant Qui les vapeurs du vin respire ; Pour le meilleur et pour le pire, Je plonge mon corps dans le sang. Écoutez-moi, roseaux pensants, Sans me craindre et sans me maudire ; Ne croyez pas que je délire, Je suis crédible à cent pour cent. Buvez ce vin, mangeurs d’hosties, C’est la liquide Eucharistie ; Les anges du ciel l’ont chanté. Que de Dieu le règne survienne, Que chacun la grâce détienne Sans être par le mal tenté.
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