Poème
Accourez au secours de ma mort violente...
par Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ
Accourez au secours de ma mort violente, Amants, nochers experts en la peine où je suis, Vous qui avez suivi la route que je suis Et d'amour éprouvé les flots et la tourmente. Le pilote qui voit une nef périssante, En l'amoureuse mer remarquant les ennuis Qu'autrefois il risqua, tremble et lui est avis Que d'une telle fin il ne perd que l'attente. Ne venez point ici en espoir de pillage : Vous ne pouvez tirer profit de mon naufrage, Je n'ai que des soupirs, de l'espoir et des pleurs. Pour avoir mes soupirs, les vents lèvent les armes. Pour l'air sont mes espoirs volagers et menteurs, La mer me fait périr pour s'enfler de mes larmes.
Commentaires (7)
Clé de l’inframonde et clé du jardin -------------------------------------------- Ne perdez point la clé du parc aux vertes plantes, Ni celle du sous-sol où nul astre ne luit ; Le jardin sur les monts, l’enfer au fond du puits Sont deux refuges sûrs en nos temps de tourmentes. Qui veut laisser au loin la terre périssante Choisira l’un ou l’autre, y partira, la nuit, Mettant son existence à l’abri des ennuis ; Pas de meilleur endroit pour s’asseoir, en attente. Ces deux emplacements sont exempts de pillage ; On y peut naviguer sans craindre les naufrages, Chacun des deux portant des arbres et des fleurs. Inframonde ou jardin, nous y vivrons, sans armes, Savourant simplement leur lumière et leur charme, Leur paisible atmosphère et leurs douces couleurs.
Dans un commentaire composé vous montrerez le lyrisme et le désespoir du poète face à la mort qui se dessine dans le poème accourez au service de ma mort violent
Commentaire composé de accourez au service de ma mort violent
Clé d’un petit roi prudent -------------- Dans cet obscur placard est mon sceptre doré, Puis quand je vais dormir j’y pose ma couronne ; J’y range par ailleurs les rubans qu’on me donne, Même ceux que jamais je ne veux arborer. En bas, c’est un tiroir pour mon glaive acéré Que je sors du fourreau quand le destin l’ordonne ; Aussi l’anneau divin, qui point ne m’abandonne, Et la chape de bure et le bâton ferré. Ça ferme avec ma clé, protectrice fidèle, Faite de bon métal, noble en est le modèle ; Vainement l’on viendrait mon placard assaillir. Ce n’est pas un réduit, c’est une forteresse Bien digne d’abriter Artémis chasseresse ; Je suis un roi prudent, je ne saurais faillir.
Roi pragmatique ------------ J'aime mon grand trône, Mais j'aime encore bien mieux Mes vieilles pantoufles.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/10/31/cle-de-linframonde-et-cle-du-jardin/
Pour naviguer -------- Tantôt rapide et tantôt lente, La nef se déplace, elle fuit ; Au ciel un astre ou l’autre luit, Dans le calme ou dans la tourmente. J’entends la sirène chantante Qui sera là jusqu(à, la nuit, ; Avec elle, jamais d’ennuis, Car nous vivons en bonne entente. Nous ne craignons nul abordage, Encore moins les sabordages ; C’est une route sans douleur. Nous sommes des marins, sans armes, Mais notre vie n’est pas sans charme : Moi, je la trouve haute en couleur.
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