Poème
J'ai pour maitresse ...
J'aï pour maistresse une etrange Gorgonne, Qui va passant les anges en beauté, C'est un vray Mars en dure cruauté, En chasteté la fille de Latonne. Quand je la voy, mile fois je m'estonne La larme à l'oeil, ou que ma fermeté Ne la flechit, ou que sa dureté Ne me conduit d'où plus on ne retourne. De la nature un coeur je n'ay receu, Ainçois plus tost pour se nourir en feu i En lieu de luy j'ay une Salamandre, Car si j'avoi de chair un coeur humain, Long tems y a qu'il fust reduit en cendre, Veu le brasier dont toujours il ard plain.
Commentaires (1)
Dame Salamandre ---------- La salamandre, une étrange luronne, Nous éblouit de sa froide beauté ; De flamme elle est baignée, de tous côtés, Comme serait une noire démone. Il ne faut pas que cela vous étonne, Et quant à moi, j’en suis même enchanté ; Aimer le feu, c’est une qualité, Aussi la braise et sa lueur friponne. Environné, jadis, du souffle ardent D’un Cupidon, d’un dieu peu regardant, Je t’imitais, ma vive salamandre ; J’aimais la flamme, autant qu’il est humain ; Qu’en reste-t-il, qu’une poignée de cendres Et quelques vers au long d’un parchemin...
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