Poème
J'entrais chez le marchand
par Germain NOUVEAU
J'entrais chez le marchand de meubles, et là, triste, (Savez-vous la chanson du petit Ébéniste ?) j'allais, lui choisissant une chose à ses goûts, C'est vers toi que je vins, Canapé-Lit-Leroux. J'observai le ressort, me disant que cet homme Fit une chose utile, étant donné le somme. J'appréciai le tout d'un mot technique et fin ; Si bien que le marchand, ému, me tend sa main Honnête, et dit : « Monsieur fabrique aussi sans doute ? » Douce parole et qu'en mon coeur je grave toute.
Commentaires (3)
Si le barde au matin s'éveillait un peu triste, Il irait visiter la maison d'un artiste. Ensemble savourant d'un fort café le goût (À défaut de café, la chicorée Leroux) On pourrait observer ces deux paisibles hommes Parler longtemps de rien (parler de tout, en somme) Et remettre en question de leurs travaux la fin ; Et le labeur pressant remettre au lendemain. Si, sur cette méthode, on éprouvait un doute, On n'aurait qu'à reprendre un café pour la route.
Cet artiste se dit qu’il eut été moins triste si plutôt que poète il avait fait droguiste et boudant l’ambroisie orienté son bon goût vers le café Legal, la chicorée Leroux la Verveine Casino. Dans la cité des hommes il se fut affirmé, eut trouvé somme et somme près d’une épouse et de sa dot. Quel beau destin ça eut été de prendre un enfant par la main pour heureux l’emmener jusqu’à demain sans doute ou Disneyland du moins... ’fin bref, toute autre route...
[...] Sur un blanc papier pas très bien coupé, Parfois l’on entend ma plume qui grince En faisant surgir quelques traits fort minces, Comme les motifs d’un vieux canapé. [...]
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