Poème
J'ay un Livre Thuscan, dont la tranche est garnie
J'ay un Livre Thuscan, dont la tranche est garnie Richement d'or battu de l'une et l'autre part ; Le dessus reluit d'or ; et au dedans est l'art Du comte Balthasar, de la Contisanie. Où que je sois, ce livre est en ma compagnie. Aussi c'est un present de celle qui depart A tout ce qu'elle voit, à ce qui d'elle part, Quelque part, quelque ray de sa grace infinie. Ô Livre bienheureux, mon Maron, mon Horace, Mon Homer, mon Pindar, ce semble, te font place. Meshuy d'estre immortel tu te peus bien vanter ; Elle fait cas de toy, c'est asseurance entiere. A qui ne plairas tu, ayant peu contenter Des Muses la dixieme et certes la premiere ?
Commentaires (1)
Livre captivant ----------------- J’ouvre ce petit livre, et la flamme en déborde. Au labeur quotidien j’échappe sans remords ; Mon esprit vagabond avec l’auteur s’accorde Pour rire et pour danser, Rabelais n’est pas mort. Je vois des marins fous qui des îles abordent, Un fier naturaliste aux îles de Timor, Un atoll merveilleux que de noirs récifs bordent Où nage le requin, prends garde, s’il te mord. Le livre reste ici sans que ma main le lâche, J’y vois des combattants parfois forts, parfois lâches, Et Merlin qui s’enquiert de l’immortalité. Je me livre en pâture au sourire des filles, Surtout celles qui sont sans tortuosité ; J’arrête cet écrit, je sens qu’il part en vrille.
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