Poème d’un membre
Il était neuf heures du soir…
par lecathareMembre
Il était neuf heures du soir Et même un peu plus, quand, N'en pouvant plus, Je suis parti là Où on ne trouve pas son pareil. Je voulais être seul, Que la mer, Noire. Dont j'avais oublié Qu'elle mangeait la plage en hiver, Le sable, Froid, Le vent, Le ciel, Même pas la terre. L'odeur du froid Qui passe sur le sable, Qui passe sur mon âme, Qui passe sur mes yeux, La Mort qui rôde autour. L'envie de partir pour toujours. Les rides sur l'eau venues Du vent aigre de la nuit Se mêlent aux rides de mon âme. Le temps s'était vidé. Je n'avais qu'une idée : Atteindre le sable, Là où naît la vie Après la vie de la terre. J'y respire, Banni du carnaval humain L'odeur âcre de la chair de l'âme, Ce parfum sobre et fruité. La mort file devant, À l'orée de mon âme. Elle a mis face à face Le fiel, Le miel, Le lutteur, Le tueur. Elle l'a bien ourlé Et bien filé et tricoté, Maille après maille Son chemin de rancœur Émaillé d'écueils. À son approche tant redoutée, Sur une terre inconnue Où tant y sont allés Mais n'en sont point revenus, Je vois ma vie passée, Toute chaude encor Des salissures déversées. Le rivage est loin. Dieux ! Que le rivage est loin !
Connecte-toi pour laisser un commentaire.