Poème
Heureux, de qui la mort de sa gloire est suivie
Heureux, de qui la mort de sa gloire est suivie, Et plus heureux celui dont l'immortalité Ne prend commencement de la postérité, Mais devant que la mort ait son âme ravie. Tu jouis (mon Ronsard), même durant ta vie, De l'immortel honneur que tu as mérité : Et devant que mourir (rare félicité) Ton heureuse vertu triomphe de l'envie. Courage donc, Ronsard, la victoire est à toi, Puisque de ton côté est la faveur du Roi : Jà du laurier vainqueur tes tempes se couronnent, Et jà la tourbe épaisse à l'entour de ton flanc Ressemble ces esprits, qui là-bas environnent Le grand prêtre de Thrace au long sourpely blanc.
Commentaires (1)
Prévert pour sa candeur et son sens de l'humour, Orléans pour sa soif auprès de la fontaine, Bruant pour ses marlous et ses filles qui traînent, Baudelaire pour l'art de rendre amer l'amour. Rostand, car son esprit jamais ne fut trop lourd, Césaire au nom des droits de l'homme noir en peine, Apollinaire ayant lyre la plus humaine, Et Saint-Amant qui au cri du devoir est sourd. Rimbaud, car il voulut vraiment changer la vie, Germain Nouveau chantant au gré de ses envies, Eluard, bel amant de Dame Liberté. Aragon, triomphal porteur de résistance, Villon le vagabond, chantre des inconstances, Et Ronsard le plus pur, des muses la fierté.
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