Poème
Gordes, à m'est avis que je suis éveillé
Gordes, il m'est avis que je suis éveillé, Comme un qui tout ému d'un effroyable songe Se réveille en sursaut et par le lit s'allonge, S'émerveillant d'avoir si longtemps sommeillé. Roger devint ainsi (ce crois-je) émerveillé : Et crois que tout ainsi la vergogne me ronge, Comme lui, quand il eut découvert le mensonge Du fard magicien qui l'avait aveuglé. Et comme lui aussi je veux changer de style, Pour vivre désormais au sein de Logistille, Qui des coeurs langoureux est le commun support. Sus donc, Gordes, sus donc, à la voile, à la rame, Fuyons, gagnons le haut, je vois la belle Dame Qui d'un heureux signal nous appelle à son port.
Commentaires (1)
Sagesse porcine -------------------- Un très vieux porc, par sagesse éveillé, Se laisse aller à d’incroyables songes ; Que sur le flanc dans l’herbage il s’allonge, Ou qu’il promène un air ensommeillé, De trois soleils il est émerveillé : Soleil d’antan, que l’oubli toujours ronge ; Soleil futur, aux pouvoirs de mensonge ; Soleil du jour, le seul vrai conseiller. Cet animal n’a pas vraiment de style ; À des anciens, il l’emprunte, docile, Dont les travaux lui servent de support. Or, certains jours, traînant la jambe, il rame, Car des soleils rend paresseux la flamme ; -- Oui, ce vieillard a ce travers (de porc).
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