Poème
Frères mirontons
par Robert DESNOS
Pour le rond, pour le dix et pour la terre jaune, Une chiée à la dent, mais j’ai l'estomme en vrac À les imaginer, deux par deux, cul à trac La dossière et le zob à la mode d’Ancône. Tel empapahouta chez nous demande aumône Aux louchébems ou aux sergots ou même aux macs, Tels autres sont mordus pour des girons, des jacks Pour un télégraphiste, enfin pour un beau môme, Les frères mirontons n’en demandent pas tant, La ficelle, elle seule, émeut leur palpitant, Par discipline ils se font donc dorer la rose. Passe encor de se faire emmancher par un dur Ou d’aller au petit d’un mignon, d’un pas mûr, Mais pour l’Oberleutnant se défoncer le prose !
Commentaires (2)
merci a ce site il me sauve avec tout ses poetes pour mon devoir de francais =)
Ambigoupil --------------- L'ambigoupil, rôdant parmi les herbes jaunes, Est improvisateur, ses ruses sont en vrac ; Or, il ne craint personne, il n'a jamais le trac Et s'abstient de prier, face aux saintes icônes. Une proie est un dû, ce n'est pas une aumône; Au soleil de l'adret, dans le froid de l'ubac, Il prend le rat terrestre ou le poisson du lac, Il est l'un des seigneurs de la sylvestre faune. Les autres animaux ne l'admirent pas tant ; N'a-t-il jamais pitié de leur coeur palpitant ? Doit-il ensanglanter l'aurore aux doigts de rose ? Ils ont écrit sur lui, tant ils le trouvent dur, D'une encre provenant du jus noir d'un fruit mûr, Un clair et long recueil d'accusatrice prose.
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