Poème
France, jadis on te soulait nommer
France, jadis on te soulait* nommer, En tous pays, le trésor de noblesse, Car un chacun pouvait en toi trouver Bonté, honneur, loyauté, gentillesse, Clergie, sens, courtoisie, prouesse. Tous étrangers aimaient te suivre. Et maintenant vois, dont j'ai déplaisance, Qu'il te convient maint grief mal soustenir, Très chrétien, franc royaume de France. Sais-tu d'où vient ton mal, à vrai parler ? Connais-tu point pourquoi es en tristesse ? Conter le veux, pour vers toi m'acquitter, Ecoute-moi et tu feras sagesse. Ton grand orgueil, glotonnie, paresse, Convoitise, sans justice tenir, Et luxure, dont as eu abondance, Ont pourchacié vers Dieu de te punir, Très chrétien, franc royaume de France. Ne te veuilles pourtant désespérer, Car Dieu est plein de merci, à largesse. Va-t'en vers lui sa grâce demander, Car il t'a fait, déjà piéça, promesse (Mais que fasses ton avocat Humblesse) Que très joyeux sera de te guérir; Entièrement mets en lui ta fiance, Pour toi et tous, voulut en croix mourir, Très chrétien, franc royaume de France... Et je, Charles, duc d'Orléans, rimer Voulus ces vers au temps de ma jeunesse ; Devant chacun les veux bien avouer, Car prisonnier les fis, je le confesse ; Priant à Dieu, qu'avant qu'aie vieillesse, Le temps de paix partout puisse avenir, Comme de coeur j'en ai la désirance, Et que voie tous tes maux brief finir, Très chrétien, franc royaume de France ! (*) avait l'habitude
Commentaires (1)
Planète Elatandra -------------------- Sur cet astre on n’ose nommer D’aucun nom les amours nouvelles ; Les sentiments que l’on révèle, On craint de les voir consumés. Aimer, c’est être désarmé, Surtout si l’on reste fidèle ; Abélard en est le modèle, Qui fut en moine transformé. En ce Pays de Poésie, Nous cultivons nos fantaisies Pour délirer seuls, ou par deux. L’amour dont nous avons mémoire Ne provient pas d’un vieux grimoire, Mais de notre sort hasardeux.
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