Poème
Floridum mare
La moisson débordant le plateau diapré Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ; Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré. Et sous mes pieds, la mer, jusqu'au couchant pourpré, Céruléenne ou rose ou violette ou perse Ou blanche de moutons que le reflux disperse, Verdoie à l'infini comme un immense pré. Aussi les goëlands qui suivent la marée, Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée, Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ; Tandis que, de la terre, une brise emmiellée Éparpillait au gré de leur ivresse ailée Sur l'Océan fleuri des vols de papillons.
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Nef boréale --------------- La nef reconnaissante au grand vent qui la prend S’abandonne au printemps, quand les vagues la bercent ; Si le soleil la voit, c’est entre deux averses Que, très loin vers le nord, son rayon la surprend. La brise dit des mots qu’un marin ne comprend Que s’il est abreuvé d’une liqueur perverse ; Celle que, sur le soir, le capitaine verse À l’heure où le déclin va Phébus empourprant. Boréale, la nef ignore les marées Se reflétant la nuit dans sa coque dorée ; Comme elle ignore aussi l’appel des tourbillons. Au-devant de la nef, à peine décelée, L’observateur perçoit une présence ailée : Celle de son pilote, un fringant papillon.
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