Poème
Fleurs
Fleurs promises, fleurs tenues dans tes bras, Fleurs sorties des parenthèses d’un pas, Qui t’apportait ces fleurs l’hiver Saupoudrées du sable des mers ? Sable de tes baisers, fleurs des amours fanées Les beaux yeux sont de cendre et dans la cheminée Un cœur enrubanné de plaintes Brûle avec ses images saintes. 1939
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Ange de gueules ------------------- Mes jambes me servent de bras, L'avenir vient à petits pas ; J'attends le temps des primevères Pour voleter dans l'aube claire. Ange (ou démon, peut-être bien) Du passé je ne me souviens Qu'en la matinale dormance ; Et ce sont des jours sans romance. Jamais ne fut ma face peinte Au recto d'une image sainte ; Je suis un ange suranné, Rêvant dans un jardin fané.
Fleurs méditantes ---------- Ces fleurs, pour s’occuper, résolvent des problèmes, Quoique, souventes fois, ça ne les mène à rien ; Une pause elles font lorsque le soir survient, Laissant leurs équations, laissant leurs théorèmes. C’est ainsi chaque jour, car c’est ce qu’elles aiment, C’est une activité qui leur forme entretient ; Que ce soit inutile, elles s’en moquent bien, Si ça ne te plaît pas, c’est du pareil au même. Je ne sais pas de qui elles tiennent ce don, Si ce fut un chercheur, un savant de renom, Ou, plus banalement, un modeste écolâtre. Ces belles fleurs n’auront jamais de doctorat, Nulle grande revue ne les éditera ; Elles n’en ont, vois-tu, strictement rien à battre.
Fleurs de canicule --------- C’est la mort pour les immortelles, Tu peux voir leurs rangs clairsemés ; J’entends des gens prier pour elles, Je vois des cierges s’allumer. J’entends pleurer les hirondelles, Je vois des anges désarmés ; Le miroir dit à la chandelle Le deuil de ces êtres aimés. La canicule, c’est la mort, C’est le dessèchement du corps Qui vainement réclame à boire. Mais demain, c’est un autre jour, C’est le réveil de nos amours ; Nous vivrons jusqu’à la victoire.
Fleurs oubliées -------- Sans surprise fut notre sort, Vie nullement originale ; Voici l’étape terminale, Voici que notre ego s’endort. Que saurons-nous de notre mort ? C’est une chose bien normale ; Végétale comme animale, La vie doit délaisser le corps. Que notre peur soit abolie ; Cette frayeur n’est pas jolie, Elle est plutôt de mauvais goût. Un grand ouroboros s’enroule Autour de la tour qui s’écroule, De la poussière, et puis c’est tout.
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