Poème
Et puis je vis l'arbre dodonien
Et puis je vis l'arbre dodonien Sur sept coteaux épandre son ombrage, Et les vainqueurs ornés de son feuillage Dessus le bord du fleuve ausonien. Là fut dressé maint trophée ancien, Mainte dépouille, et maint beau témoignage De la grandeur de ce brave lignage Qui descendit du sang dardanien. J'étais ravi de voir chose si rare, Quand de paysans une troupe barbare Vint outrager l'honneur de ces rameaux. J'ouïs le tronc gémir sous la cognée, Et vis depuis la souche dédaignée Se reverdir en deux arbres jumeaux
Commentaires (1)
Jardin lointain ------------------ Errant un soir au jardin plutonien, Je fus charmé de son heureux ombrage : Si foisonnants en furent les feuillages Que l'on eût dit d'un bois amazonien, Ou des vergers dont les Babyloniens En leurs écrits ont donné témoignage ; Ou de l'Eden, d'où notre humain lignage Fut exilé par décret draconien. Après souper, des joueurs de cithare Firent sonner, pour un vieux roi barbare, Un air guerrier sous ces nobles rameaux ; Ô longue nuit de musique baignée Et d'une voix de muse accompagnée, Consacre Eros, et Bacchus, son jumeau !
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