Poème
Epigramme votive
Au rude Arès ! A la belliqueuse Discorde ! Aide-moi, je suis vieux, à suspendre au pilier Mes glaives ébréchés et mon lourd bouclier, Et ce casque rompu qu'un crin sanglant déborde. Joins-y cet arc. Mais, dis, convient-il que je torde Le chanvre autour du bois ? - c'est un dur néflier Que nul autre jamais n'a su faire plier - Ou que d'un bras tremblant je tende encor la corde ? Prends aussi le carquois. Ton oeil semble chercher En leur gaine de cuir les armes de l'archer, Les flèches que le vent des batailles disperse ; Il est vide. Tu crois que j'ai perdu mes traits ? Au champ de Marathon tu les retrouverais, Car ils y sont restés dans la gorge du Perse.
Commentaires (1)
Harpe votive ------- Prêtre d’Horus, bénis mes douze cordes En invoquant le puissant dieu Bélier ; Qu"un air résonne entre ces grands piliers, Emplis ta coupe, il faut qu"elle déborde. Pour les démons, pas de miséricorde, Par tes propos tu dois les humilier ; Que chaque soir ils meurent par milliers, S’ils vont en mer, je veux qu’ils se sabordent. Qu’ils souffrent donc, ils l’auront bien cherché ; Qu’ils tombent morts sous les traits d’un archer, Ou qu’une lance en plein coeur les transperce. Maudis aussi leur nom et leur portrait, Que, sans pitié, du monde ils soient soustraits, Qu’aux quatre vents leurs cendres se dispersent.
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