Poème
En mer
À ma petite Marie-Jeanne. L’océan roule en paix sa houle souveraine, Où, mobile, se joue un reflet de ciel clair : Et, les ailes au vent, comme un oiseau de l’air, Notre steamer géant y plonge sa carène. Le soleil radieux s’enfonce dans la mer, Dorant l’immensité de sa splendeur sereine ; Sur les flots monte au loin comme un chant de sirène… Et pourtant, sur ma lèvre erre un sourire amer. Le spectacle est charmant, féerique, unique au monde ; Mais j’aime mieux les soirs où l’âpre bise gronde Et dans les grands huniers jette son cri strident ; Ah ! c’est qu’il est trop lent le vaisseau qui m’enlève, Et que je vois là-bas, loin là-bas, dans mon rêve, Un doux berceau béni qu’on berce en m’attendant. (1880)
Commentaires (1)
Biche souveraine ---------- Je suis la Reine des Deux Rives, Sans limites sont mes pouvoirs ; J’ai pour amant le Grand Ours Noir, Mais je ne suis point sa captive. Je fus errante et fugitive, Mais l’ours m’offrit un beau manoir ; Nous parcourons notre terroir, Ce sont des errances tardives. En ces heures chacun s’endort, Sauf un poète, le Vieux Porc, L’auteur des Stances à la Reine. Je m’arrête pour l’écouter ; Il m’offre ses rimes sereines, Je goûte ses mots veloutés.
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