Poème
Églogue désolée
Amour dont je chéris la fourrure mouillée quand remue à ton cou ce minable ornement, laisse-moi du beau corps que tu meus sagement peindre la vraie image austère et dépouillée. Je t'emporte avec moi, masque de porcelaine, silencieux esprit de la rue en été. Quand, écoeurante enfin par trop de chasteté, l'odeur des eaux pénètre une terre plus saine, quand la ville mûrit comme un fruit altéré, sous la pluie et le gaz favorable aux baisers, je sais que ton oeil jaune a des feux indomptables. - Mais, guerrière, ta voix qui m'enchante et m'accable je la viens étouffer dans tes cheveux épais, - et qu'un poème pur consacre notre paix.
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Ambilicorne ------------- Ambilicorne allant sur la route mouillée Très modeste animal sortant sans ornements, Loin de ton lieu natal, tu te meus sagement Par la longue chaussée austère et dépouillée. Aux coins des carrefours sont des plaques rouillées, Chargées de graffitis par de vils garnements ; Quand ils sont amusants, tu souris largement Tu sais qu'il n'est par l'art nulle chose souillée. Quand la forêt jaunit comme un fruit altéré, L'esprit de la licorne en est fort apaisé, Ce changement convient à ce monstre indomptable. De sa crinière on voit danser le flot épais, Dans son regard on trouve une source de paix. Mainte chose l'enchante et nulle ne l'accable.
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