Poème
Divins esprits, dont la poudreuse cendre
Divins esprits, dont la poudreuse cendre Gît sous le faix de tant de murs couverts, Non votre los, qui vif par vos beaux vers Ne se verra sous la terre descendre, Si des humains la voix se peut étendre Depuis ici jusqu'au fond des enfers, Soient à mon cri les abîmes ouverts Tant que d'abas vous me puissiez entendre. Trois fois cernant sous le voile des cieux De vos tombeaux le tour dévotieux, A haute voix trois fois je vous appelle : J'invoque ici votre antique fureur, En cependant que d'une sainte horreur Je vais chantant votre gloire plus belle.
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Randonnée -------------- Le chemin longe un mur couleur de cendre Qui par endroits est d'inscriptions couvert (Mais, semble-t-il, ce ne sont point des vers). Des escaliers, pour monter ou descendre. Quelques jardins se parent de vert tendre ; Pour la plupart, c'est encore l'hiver, Et du soleil, maître de l'univers, Ici la loi ne se fait guère entendre. Mais, tels qu'ils sont, me conviennent ces lieux Et les décors que contemplent mes yeux, Usines, tours, monuments et chapelles, Arbres des parcs, reflets sur les trottoirs, Villes que j'ai toujours plaisir à voir, Car la banlieue, à sa manière, est belle.
Moines en taverne ------------------- Leur quotidien n’a pas le goût des cendres ; Quand il fait froid, ils sortent bien couverts, Quand il fait chaud, ils se mettent au vert, À boire un coup ils savent condescendre. La tavernière a pour eux des mots tendres, Leur préparant de la soupe en hiver ; Le grand comptoir leur est un univers, S’ils prêchent là, tous aiment les entendre. Et que seraient, sans les moines, ces lieux ? L’inspiration qui fait briller leurs yeux Peut transformer cette salle en chapelle. Puis on les voit, dansant sur les trottoirs, Riant au monde, oubliant leur savoir ; La vie de moine, à sa manière, est belle.
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