Poème
Dedans des Prez je vis une Dryade
Dedans des Prez je vis une Dryade, Qui comme fleur s'assisoyt par les fleurs, Et mignotoyt un chappeau de couleurs, Echevelée en simple verdugade. Des ce jour là ma raison fut malade, Mon cuoeur pensif, mes yeulx chargez de pleurs, Moy triste et lent : tel amas de douleurs En ma franchise imprima son oeillade. Là je senty dedans mes yeulx voller Une doulx venin, qui se vint escouler Au fond de lame : et depuis cest oultrage, Comme un beau lis, au moys de Juin blessé D'un ray trop chault, languist à chef baissé, Je me consume au plus verd de mon age.
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Illumination triple -------------------- Dedans le temple, existe une triade Dont le regard voit le fruit dans la fleur ; Captant l’obscur dans la vive couleur, Comme un saumon, remontant la cascade. Si tu as peur, si tu te sens malade, Si, sans raison, ton visage est en pleurs, Au sanctuaire apporte ta douleur, Le bas clergé t’accueille en camarade. Si la souffrance est dans ton coeur blessé, Si, vers le sol, tes yeux sont abaissés, Si ton esprit est affaibli par l’âge, Vois : ton souci parvient à s’envoler ! Tout en douceur, ton temps va s’écouler Sans te navrer d’irréparable outrage.
Arbre sans protectrice -------------- Démons des bois, rendez-moi ma dryade, Disait un arbre en répandant ses fleurs ; Mais nul n’avait pitié de son malheur, Il s’affligeait, voyant ces dérobades. La belle était auprès d’une naïade, Du végétal elle ignorait les pleurs ; Pour voir la carpe aux subtiles couleurs Elles plongeaient, sans craindre la noyade. Le chêne a dit à son copain blessé : Je suis marri de te voir rabaissé, Adopte un elfe, en effet, ça soulage. L’elfe lui dit : Je vais, si vous voulez, Laisser mes ans près de vous s’écouler, Cela me semble un parfait jumelage.
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