Poème
De votre Dianet (de votre nom j'appelle
De votre Dianet (de votre nom j'appelle Votre maison d'Anet) la belle architecture, Les marbres animés, la vivante peinture, Qui la font estimer des maisons la plus belle : Les beaux lambris dorés, la luisante chapelle, Les superbes donjons, la riche couverture, Le jardin tapissé d'éternelle verdure, Et la vive fontaine à la source immortelle : Ces ouvrages, Madame, à qui bien les contemple, Rapportant de l'antiq' le plus parfait exemple, Montrent un artifice et dépense admirable. Mais cette grand' douceur jointe à cette hautesse, Et cet astre bénin joint à cette sagesse, Trop plus que tout cela vous font émerveillable.
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Maison de quelques trolls ---------------- Le troll jaune surgit dès qu’un oiseau l’appelle, Il est des emplumés l’auguste protecteur; Le troll mauve nourrit les lapins du secteur, Ayant cueilli pour eux les herbes les plus belles. Le troll orange prie au fond de la chapelle, De la Sainte Écriture il est un grand lecteur. Le troll rose patrouille ainsi qu’un inspecteur, Poursuivant les démons qu’il ramasse à la pelle. Ces quatre bouffons-là, lorsque je les contemple, Je dis : «De trollitude ils sont un bon exemple, Pour le dire en un mot, j’en suis admiratif». Mais le noble troll rouge est champion de paresse, De l’en féliciter chaque jour je m’empresse; J’ai toujours estimé l’état contemplatif.
Maison de quelques cénobites ------------------------------------- À vivre saintement les anges nous appellent, Et nous les écoutons, ce sont nos protecteurs ; Saint Benoît de Nursie est notre directeur, Ayant jadis écrit la règle la plus belle. C’est un petit grenier qui nous sert de chapelle, Où point ne peut entrer le démon séducteur ; Ici chaque novice entend ses instructeurs, Que son coeur soit docile ou bien qu’il soit rebelle. Celui qui, du chemin, cette maison contemple, Devine qu’à ce jour elle nous sert de temple ; Il ôte son chapeau, souvent, pour ce motif. Nous n’avons pas ici un logis de paresse, Cet endroit ne verra nulle scène d’ivresse ; De tout cela témoigne un monument votif.
Notre corps est un arbre --------- https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/01/notre-corps-est-un-arbre/ Notre corps est un arbre, a déclaré l’ermite, Notre esprit un miroir, il faut l’épousseter. Ne se croyait-il pas porteur de vérité, Celui qui transcendait le réel et ses mythes… Ton arbre est dans un vase, a dit le cénobite, Et d’un endroit à l’autre il peut se transporter. Quant au miroir, tu peux tout un jour le frotter, Tu ne nettoieras pas les reflets qui l’habitent. Époussetons bien l’arbre, arrosons le miroir, Car pour telle entreprise il n’est besoin d’espoir, Ni de succès non plus pour que l’on persévère. Les ayant accueillis dans ta méditation, Retiens de ces deux mots la signification : L’arbre, on en fait du bois, le miroir, c’est du verre.
La haine pour temple Un prêtre poignardé, d’une voix faible, appelle Une âme secourable, un ange protecteur, Quelqu’un pour qui l’amour est le seul directeur, Bref, un individu pour qui la vie est belle. L’homme de Dieu priait seul dans une chapelle Quand entra doucement un être destructeur Qui planta son couteau dans le génuflecteur ; Il s’écroula d’un coup, sans un geste rebelle. L’islamiste, un instant, le sang jaillir, contemple, Puis tranche le blessé car la haine est son temple (La cause religieuse étant un faux motif). Enfin il met le chef sur la table de messe Et crie Allah akbar, d’une voix vengeresse En regardant le ciel du monument votif.