Poème d’un membre
Coup de théâtre
par martineauMembre
Au lever de rideau la salle est intriguée, car git comme un tapis ma défroque d’acteur que le cours de mes sens a jadis irriguée et dont la chute immense a dénudé mon cœur. Pour vaincre la critique il m’a fallu combattre en mâchant chaque mot comme si j’avais faim, mais pour tout dévorer mes crocs n’étaient que quatre et ma langue d’aspic était sèche à la fin. C’est donc ainsi que j’ai joué le répertoire, en torturant chaque tirade jusqu’au sang, avant que de tomber dans un trou de mémoire en dépit du souffleur assis au premier rang. Tandis que l’on me lance un bouquet d’aubépine et que nombre de mains m’applaudissent encor, le rideau tombe au ras comme une guillotine entre la salle obscure et l’ultime décor.
Commentaires (1)
Magistral!
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