Poème
Corona
par Paul CELAN
L’automne me mange sa feuille dans la main : nous sommes amis. Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher : le temps retourne dans l’écale. Dans le miroir c’est dimanche, dans le rêve on est endormi, la bouche parle sans mentir Mon œil descend vers le sexe de l’aimée : nous nous regardons, nous nous disons de l’obscur, nous nous aimons comme pavot et mémoire, nous dormons comme un vin dans les coquillages, comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune. Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent depuis la rue : il est temps que l’on sache ! Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir, qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur. Il est temps que le temps advienne. Il est temps.
Commentaires (3)
Veillez à mentionner le nom de la traductrice ou du traducteur, merci. Philipp Tophoven
C'est traduit par Jean-Pierre Lefebvre http://www.google.com/search?q=%22Paul+Celan%22+%22Jean-Pierre+Lefebvre%22
Une résonance profonde et inattendue en ce temps de crise.Un dimanche en plein confinement.
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