Poème
Corne d'abondance
Ô belle corne, d'où penchée vers notre attente ? Qui n'êtes qu'une pente en calice, déversez-vous ! Des fleurs, des fleurs, des fleurs, qui, en tombant font un lit aux bondissantes rondeurs de tant de fruits accomplis ! Et tout cela sans fin nous attaque et s'élance, pour punir l'insuffisance de notre coeur déjà plein. Ô corne trop vaste, quel miracle par vous se donne ! Ô cor de chasse, qui sonne des choses, au souffle du ciel !
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Cornegidouille ----------------- Corne de licorne invisible, Corne du pâtre au matin clair ; Cornes de l'escargot des vignes, Corne d'or et corne d'argent, Corne des cieux qu'on nomme "lune" ; Gidouille des rois de Pologne, Gidouille tombant en quenouille ; Sainte gidouille sans phlyctène, Gidouillon du pot à moka, Vies des saints du mois de gidouille.
Cornucopia -------- Du druide la magie se montre secourable, Y compris par des tours qu’il emprunte aux Romains ; Car ils ont inventé, pour nourrir les humains, La corne d’abondance aux vertus admirables. De ce bel instrument les bienfaits sont durables, On en tire des fruits bien mûrs, à pleines mains ; N’allez plus, désormais, craindre les lendemains, Le sortilège est fort, il est incomparable. La reine Cléopâtre, ainsi que ses sujets, Ne se sont pas privés d’user de cet objet, Corne de bouc, de boeuf, ou corne de chimère. Un lourd coffre la tient à l’abri des voleurs, Qui de Panoramix arbore les couleurs ; Il y conserve aussi des chapitres d’Homère.
Notre Père Deux-Cornes ------------------ Ce dieu cornu protège et sauve Tous les vivants, car il est bon ; Même en inframonde profond, Même en de sordides alcôves. Son père fut un diable mauve, Un fort charitable démon Qui refusait, avec raison, De se conduire comme un fauve. Notre Père, il est tout-puissant, Il n’est jamais concupiscent ; Sa bienveillance, elle est sans bornes. Il est fort, mais il se fait vieux Depuis le temps qu’il est aux cieux ; Son beau sourire devient morne.
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