Poème
Comme petits enfants d'une larve outrageuse...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Comme petits enfants d’une larve outrageuse, D’un fantôme, ou d’un masque, ainsi nous avons peur, Et redoutons ta mort, la concevant au cœur Telle comme on la fait, hâve, triste, et affreuse : Comme il plaît à la main ou loyale, ou trompeuse Du graveur, du tailleur, ou du peintre flatteur La nous représenter sur un tableau menteur, Nous l’imaginons telle, agréable, ou hideuse : Ces appréhensions torturant nos cerveaux Nous chassent devant elle, ainsi comme bouveaux Courent devant le loup, et n’avons pas l’espace De la bien remarquer : ôtons le masque feint, Lors nous la trouverons autre qu'on ne la peint, Gracieuse à toucher, et plaisante de face.
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Humeur paisible ---------------------- Cette vie n'est pas outrageuse (De le dire, je n'ai point peur) ; Si je l'examine en mon coeur, Elle n'est certes pas affreuse. Or, si parfois elle est trompeuse, Cela vient de quelques flatteurs, Cela vient d'un reflet menteur, Cela ne la rend point hideuse. Chaque jour, à notre cerveau, Elle offre un aliment nouveau ; Chaque jour elle orne l'espace De décors bien subtils, et fins : L'esprit se nourrit à sa faim, Regardant les rêves en face.
Sagesse de la renarde -------------- Que dirai-je des gens qui m’appellent trompeuse ? Eux, ce sont des pigeons, ils ne me font pas peur ; Le Seigneur des Goupils voit le fond de mon coeur, Mon âme est transparente, et n’est pas nébuleuse. Ma maîtresse d’école a dit « Tu es menteuse », Car j’avais prononcé deux ou trois mots flatteurs ; Si ce brave corbeau se prend pour un chanteur, Je peux bien lui donner mon avis de chanteuse. Une grande innocence a baigné mon cerveau, Cela me fit frémir, comme un plaisir nouveau, Comme de découvrir un fabuleux espace. C’est dans notre ADN, nous avons l’esprit fin, Ainsi chacun de nous peut manger à sa faim, Trompeurs, peut-être un peu, voyons la chose en face.
Monstre masqué -------- « Ai-je une apparence trompeuse ? Dites-le-moi, n’ayez pas peur ; Je suis un monstre au noble coeur Avec une âme aventureuse. Sans faire de phrases pompeuses, Je peux t’instruire, cher lecteur. N’écoute pas mes détracteurs, Ils n’ont que des raisons fumeuses. Je peux me mettre à ton niveau Pour te décrire mes travaux ; Mon texte tient en peu d’espace.» Le propos du monstre a pris fin ; Il va manger, car il a faim, Dans le petit resto d’en face.
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