Poème
Comme le marinier, que le cruel orage
Comme le marinier, que le cruel orage A longtemps agité dessus la haute mer, Ayant finalement à force de ramer Garanti son vaisseau du danger du naufrage, Regarde sur le port, sans plus craindre la rage Des vagues ni des vents, les ondes écumer ; Et quelqu'autre bien loin, au danger d'abîmer, En vain tendre les mains vers le front du rivage : Ainsi, mon cher Morel, sur le port arrêté, Tu regardes la mer, et vois en sûreté De mille tourbillons son onde renversée : Tu la vois jusqu'au ciel s'élever bien souvent, Et vois ton Du Bellay à la merci du vent Assis au gouvernail dans une nef percée,
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Sans paratonnerre ------- Tu devrais le savoir, la nef craint les orages, Le plus sage barreur est contre eux désarmé ; L’équipage parfois est réduit à ramer Ou, dans les pires cas, à s’attendre au naufrage. Mais le grand calme plat nous met aussi en rage, Tu vois cet océan, nous devons l’écumer ; Et toi, pendant ce temps, tu te plais à rimer En admirant la vague et le plaisant rivage. À ces broutilles, toi, tu veux bien t’arrêter, Puis avec tes papiers te mettre en sûreté Aux lieux où la cervoise est à flots déversée ; Écris donc un peu moins, navigue plus souvent, Apprends à maîtriser la puissance du vent Et celle de l’ondine en la vague bercée...
Et Benjamin Franklin pourra s'en occuper.
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