Poème
Colin-maillard
par Raymond RADIGUET
Craignons de marcher sur le sable indiscret plus qu’il ne le faut Aline poupée incassable comme elle soyons sans défaut Un sourire que le vent berce la tonnelle était son berceau Un nuage entre deux averses taquinerait les arbrisseaux Pas plus grand qu’un mouchoir de poche futile bandeau sur mes yeux Paris sans souci des reproches que me fera quelque envieux
Commentaires (2)
Raymond l'inspiré ----------------------- Radiguet trace sur le sable Des pictogrammes sans défaut ; Ça fait des phrases inclassables, Belles plus qu'il ne le faut. Sur un cumulus il se berce (Car un nuage est un berceau) ; S'il en descend avec l'averse, L'amortiront les arbrisseaux. Sa plume n'est pas dans sa poche, Le monde est poème à ses yeux ; Même, on dit que, parmi ses proches, Certains s'en montrent envieux.
Berceau de Jules Laforgue ---------- C’est dans un recoin de l’espace Que se forma ce noble coeur ; Il eut des frères et des soeurs Dont nous n’avons que peu de traces. Alors, au fil du temps qui passe, Surgirent bonheur et malheur ; Ce rêveur, ce futur auteur, D’une Muse il voyait la face. Il n’aimait rien, il aimait tout, Il était sage, il était fou ; Il était un peu solipsiste. Il n’était point déshérité, Mais certains jours, il était triste, Lui qui cherchait la vérité.
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