Poème
Clavier d'antan
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Le Jardin de l'Enfance
Clavier vibrant de remembrance, J’évoque un peu des jours anciens, Et l’Éden d’or de mon enfance Se dresse avec les printemps siens, Souriant de vierge espérance Et de rêves musiciens… Vous êtes morte tristement, Ma muse des choses dorées, Et c’est de vous qu’est mon tourment ; Et c’est pour vous que sont pleurées Au luth âpre de votre amant Tant de musiques éplorées.
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Dans le pays de remembrance, L'air ne sait pas qu'il est ancien ; Et jamais n'y mourra l'enfance. Chacun y retrouve les siens, Chacun y vit dans l'espérance, Chacun est un peu musicien. Pays qu'on quitte tristement : Triste, dans une aube dorée, Le vieillard connaît son tourment, Car ses forces sont expirées, Ainsi que son entendement Et que ses muses éplorées.
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