Poème
Chèvre-Feuille
par Marie NOËL
La belle Chèvre-Feuille Fleurit à la Saint-Jean, Au temps où l’Amour cueille Toutes les fleurs des champs. Elle a bondi plus vive Qu’un petit chevreau blanc : « Qui me fera captive ? Est-ce un de ces galants ? » S’élance sur la haie, Les cornes en avant ; Du haut de l’épinaie A nargué ses amants : A monté sur la tête Du houx le plus méchant ; A grimpé jusqu’au faîte Du chêne le plus grand. Sur la plus haute branche A rencontré le vent, Et le ciel qui se penche, Et le Bon Dieu dedans… Voici passer octobre… Que fait-elle à présent ? « Dis-moi, dis, rouge-gorge, L’as-tu vue en volant ? As-tu de ses nouvelles Que rapporte le vent ?... - Chèvre-Feuille, la belle, Est entrée au couvent. Dans le buisson qui veille Et voit l’hiver venant, Elle est dans sa chapelle D’épine et de tourment. Sur son chapelet rouge Aux grains couleur de sang, Elle pri’ pour la route Et pour tous les passants. »
Commentaires (1)
Ce jour-ci ---------- Mes mots de feuille en feuille Vont fêter la Saint-jean ; Les forums les accueillent Et puis les blogs des gens. Ma plume a couru, vive, Sur le beau papier blanc ; Elle n'est point captive, Elle a des mots galants. Sans se prendre la tête, Sans un regard méchant, Elle a le coeur en fête Un peu par tous les temps. Et tout ce qui la branche, Elle le lance au vent ; Quand le lecteur s'y penche, il en sourit souvent. Le soir, au soleil rouge, On peut la voir dansant Avec tous ceux qui bougent, Avec tous les passants.
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