Poème
Chère relique
Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données. Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées, Sur ces roses, que seul le temps a profanées, Un doux rayon d’amour sème des reflets d’or. Pauvres fleurs !… bien souvent, inutiles rosées, Les larmes de mes yeux vous auront arrosées, Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil. N’importe, je vous aime, ô reliques bénies ! Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon dernier sommeil ! (1876)
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Démon des reliques -------- Dans l’inframonde obscur, des trésors il apporte, Y compris des chiffons de diverses couleurs ; Un linge que porta la Dame des Douleurs, Le bonnet d’un ermite ou la clé de sa porte. Ces reliques, dit-il, rendent son âme forte, Ainsi que le fumage améliore les fleurs, Un martyr, s’éloignant de sa vallée de pleurs, Laisse au monde un fatras d’objets de toute sorte. Un éléphant défunt, la vermine le ronge Et les démons non plus ne s’en priveront pas ; Maître Vautour en lui sa chauve tête plonge. Notre héros, pourtant, n’en fait point son repas, Il conserve leur trace au-delà du trépas ; Quelques âmes de saints le viennent voir en songe.
Tarot des ossements -------- L'atout c'est phalange, Le Petit c'est omoplate, Rien ne sert d'Excuse.
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